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Un remède de 31 questions à consommer sans modération pour acheter mieux (et moins souvent)

08 mai 2020 | publié dans la catégorie :

Dans le contexte de confinement et de mobilité réduite, les citoyens ont appris à déserter un peu les supermarchés au profit des commerces et des producteurs locaux. Le mot d’ordre était bien passé : il s’agissait de se poser, de rester chez soi, de faire ses courses au plus près de son domicile et de privilégier l’essentiel.

Cependant, hors secteur de l’alimentation, cela a aussi créé un boom du commerce en ligne, et c’est Amazon qui en profite en priorité.

Pourtant, des alternatives plus responsables existent, mais il semble que la simplicité d’Amazon est plus convaincante.

Aujourd’hui, la réouverture des commerces physiques pointe le bout de son nez. Allons-nous suivre la même voie que pour l’alimentaire et nous tourner vers une meilleure consommation?

Rien n’est moins sûr, si l’on en croit la ruée sur les drive-in du Mc Do, les bonnes habitudes des premiers jours du confinement ont vite été oubliées.

Une chose est certaine, nous serons bientôt fixés. Dans quelques jours, les portes seront ouvertes, et ce sera à nous de choisir…

Philosophie d’une nouvelle consommation

Consommer en pleine conscience

La slow consommation, c’est prendre le temps de mieux consommer.

Pour que nos achats ne soient plus les résultats d’habitudes ancrées remplies de non-sens, il est nécessaire de prendre le temps d’étudier la question – ou plutôt les questions – que suscite notre consommation.

S’approprier un objet en pleine conscience, c’est réfléchir à ce que nous renvoie cet objet, à la façon dont nous l’acquérons et à la place qu’il prend dans notre univers.

Peut-être que certains préfèrent un objet aseptisé, qui sent le plastique et qui lui renvoie une image de tout neuf et de bien propre comme il faut.

Pour ma part, je préfère un vieil objet qui sent le vécu, chargé de plusieurs vies. Surtout s’il a un passé familial et qu’il me renvoie plein d’émotions.

Un exemple parmi beaucoup d’autres : Dans ma cuisine trône le même vieux transistor Philips 750 qui a accompagné ma famille avec les ondes matinales tous les jours depuis ma naissance. Autre époque, autre cuisine, beaucoup de souvenirs et un fil qui les relie! (il remplit toujours son rôle musical)

Il remplit toujours son rôle musical

J’aime cette idée de lien temporel que je peux avoir avec les objets qui m’entourent et les vêtements que je porte.

Acheter en pleine conscience, c’est aussi s’informer correctement, ne pas se laisser convaincre par toutes les stratégies de marketing et le greenwashing: les pubs sensées nous attendrir et nous faire croire en la bonne volonté des plus grandes marques en matière d’écologie.

Sur AchACT, vous pouvez vous informer sur les engagements environnementaux et soci(ét)aux des grandes marques de vêtements!

En ce mois de mai 2020, une nouvelle édition des profils de marques doit être publiée.

Un petit truc pour acheter en pleine conscience: s’il vous prend l’envie de faire un achat sur Amazon, regardez quelques secondes cette photo de Jeff Bezos, patron d’Amazon, l’homme le plus riche du monde, et dites-vous qu’en cliquant sur « acheter » vous l’enrichissez un peu plus.
Même pas besoin de lire l’article, ni les chiffres indécents.

En ce qui me concerne, cela suffit à chercher beaucoup plus, pour trouver ce dont j’ai besoin ailleurs!

Soutenir des valeurs

En faisant nos achats, nous soutenons certaines valeurs parfois sans nous en rendre compte. Le fait d’acheter en pleine conscience permet de souligner nos croyances et nos valeurs.

Si elles vont dans le sens d’un monde plus sain et plus juste pour tous, alors il faut privilégier le local, l’artisanal, la seconde main et tout ce qui s’inscrit dans une démarche socialement et écologiquement responsable.

campagne #whomademyclothes
© Fashion Revolution

Cela parait évident mais les actes ne suivent pas toujours ce principe. Les habitudes prennent souvent le dessus et nous parvenons à nous convaincre que ces habitudes de consommation sont normales. Peut-être parce que « tout le monde » fait la même chose ou parce qu’il nous semble impossible de faire autrement.

En fait, il est tout à fait possible de changer ces habitudes mais nous vivons avec des réflexes mentaux de fuite du moindre danger. Et bien installés dans notre zone de confort, les changements sont tous perçus à tort comme des dangers.

Quand cette dissociation entre les croyances et les actes passe de l’inconscient au conscient, il est temps d’agir et de se tourner vers une autre façon de consommer.

Consommer Intemporel

Ayant travaillé comme styliste durant des années, j’ai eu l’occasion de bien analyser le système des tendances de mode et j’avoue qu’à un moment, je me suis passionnée pour ces tendances.

En effet, je trouvais terriblement intéressant leur dimension de miroir sociétal et leur côté anticipatif. (Les bureaux de tendances commencent à décrypter les tendances d’une collection au moins un an et demi à l’avance)

Aujourd’hui, en période de crise, elles montrent leurs limites. Les collections hiver’20 de la plupart des marques ont été conçues et vendues aux boutiques avant l’arrivée du covid. Et seules les marques de fast fashion auront en magasin des collections qui reflèteront les changements actuels. (Leurs chaînes de production sont très « fast » pour un temps de réaction très court)

Les autres tenteront d’ajuster le tir comme elles peuvent, mais garderont la même ligne directrice, celle donnée par les bureaux de tendance et les fashion weeks, bien avant la crise.

Ces tendances ont quelque chose d’assez déprimant, elles sont synonymes d’impersonnalité, de facilité et de zéro risque : on s’aligne tous pour donner aux consommateurs les même coloris et les mêmes formes. Difficile pour les boutiques d’en sortir tant que le secteur repose sur un système de collections qui s’enchaînent de plus en plus vite, forçant une consommation rapide et jetable. Il faut rester dans le coup et s’aligner.

Nous, consommateurs, pouvons contribuer à un changement de fonctionnement, acheter de façon durable, intemporelle et nous réapproprier le vêtement ou l’objet comme nous le voulons vraiment, pas comme on nous le dicte.

Les vraies tendances de mode sont une histoire passée, aujourd’hui elles sont juste le reflet d’un stress occidental, un monde qui en veut toujours plus, de plus en plus vite.

Avec des conséquences écologiques et sociales désastreuses, le secteur textile est un des plus polluants au monde. Vous pouvez en découvrir les chiffres détaillés ici.

Il est temps que cela change. Et la crise actuelle pourrait permettre d’accélérer ce changement. Cela ne dépend que de nous.

Privilégier la qualité à la quantité

less is more

Un classique, repris par tous les mouvements minimalistes, tellement simple et juste.

Tout le monde ou presque aime avoir un espace rangé pour travailler ou vivre.

Tout le monde se sent bien après avoir fait « le vide » en soi.

Tout ce qui est trop chargé est démesurément lourd.

La quantité n’amène pas le bonheur, de façon générale, « en avoir beaucoup » (de fringues, de pouvoir, d’argent…) donne surtout un sentiment de sécurité.

Acheter et consommer peut être un remède à une situation d’inconfort.

 

J’aime ça le minimalisme, mais je ne suis pas très douée.

Dû au fait que je crée des liens avec les pièces que je m’approprie et que je n’aime pas jeter, je remplis un peu trop ma maison de vêtements et d’objets en tout genre.

Cependant, il est rare que j’y trouve une pièce que j’ai achetée neuve, à part quelques pièces fétiches que je me suis procurées dans des petites boutiques ou chez les artisans.

Plus loin des centres commerciaux et grands magasins je me trouve, mieux je me porte.

Un acte aussi politique qu’économique

Un achat n’est pas un acte dépourvu de sens et d’importance.

À propos de l’après confinement, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a dit: « on aura le choix entre vivre mieux ou subir une dictature – qu’elle soit politique, religieuse, financière ou liée à l’hyper-consommation. « 

Chacun peut interpréter cette phrase comme il l’entend, mais pour moi, cela signifie qu’il faut faire des choix pertinents, pour aller de l’avant, oser le changement pour ne pas succomber à la peur et aux mauvais choix qu’elle implique.

Et cela commence par de petits choix ! Avec une répercussion sur tout notre univers futur.

Penser l’achat en terme de passé – présent – futur

31 questions à se poser au moment d’effectuer nos achats!

axe passé

Quelle est l’histoire de cet objet?

De quelle matière est-il fait? D’où vient-il?

Qui a conçu cet objet?

Qui l’a tenu entre ses mains? Qui l’a façonné?

Qui en a pris soin? Qui l’a emballé?

Qui me le vend?

Cet objet a-t-il vécu plusieurs vies? A qui a-t-il appartenu?

A qui a-t-il servi? Qui l’a porté?

Qui l’a transformé? Qui l’a réparé?

Qui cet achat enrichit-il?

Quelle quantité de déchets inutiles a été générée pour sa présentation en magasin et son emballage?

axe présent

Pourquoi j’achète cet objet?

En ai-je vraiment besoin en ce moment?

Est-ce que j’écoute cette pub? Ou je reste maître de mon libre arbitre?

Est-ce que j’ai vraiment envie de dépenser de l’argent de cette manière? Ai-je une raison essentielle?

Est-ce que je veux faire comme tous ceux qui se jettent sur les soldes, Black Friday et autres promos?

axe futur

Quelle trace cet achat laissera dans le futur?

Combien de temps sera-t-il utile? Que deviendra-t-il ensuite?

Est-ce qu’il pourra vivre une deuxième ou troisième vie?

Ou est-ce qu’il finira dans une décharge sans possibilité de se dégrader?

 

Sources :

-L’article « Pourquoi et comment s’habiller autrement ? », Une bonne analyse de l’effet fast fashion sur le site economiesociale.be 

Une alerte sur les dangers des tendances et une invitation à changer de fonctionnement pour l’après Covid, de Mélanie Roosen sur le site L’ADN Innovation

Fashion Revolution France 

 

Merci pour la photo @Carl Raw sur Unsplash

 

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