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La multi-activité : une des 3 solutions possibles à la crise pour les créateurs et entrepreneurs

11 décembre 2020

LA MULTI-ACTIVITÉ : UNE DES 3 SOLUTIONS POSSIBLES À LA CRISE POUR LES CRÉATEURS ET ENTREPRENEURS

Parmi toutes les complications connues pour les entrepreneurs en 2020, on parle souvent des fermetures des lieux et annulations des évènements, mais un peu moins du changement des besoins réels des personnes. Cela a pourtant une vraie influence sur la pérennité des entreprises.

Ces besoins ont changé trop rapidement ces derniers mois, même s’ils évoluent sans arrêt et que certaines entreprises tirent leur épingle du jeu en anticipant ou créant de nouveaux besoins, cela reste une exception.

Mais en 2020, les besoins des personnes ont été bouleversés de manière rapide et imprévue.
À partir de cette fameuse année, les indépendants devront tirer des leçons de flexibilité et en tenir compte pour monter leurs futurs projets professionnels: soit en adaptant leurs services à des besoins changeant rapidement, soit en adaptant les moyens de vendre ses services, soit en switchant sur une autre activité répondant mieux à ces besoins.
3 axes possibles que j’analyse comme solutions à la crise de 2020, avec leurs avantages et inconvénients.

Adaptation des « moyens » : la solution digitale comme outil de vente

C’est la solution que beaucoup ont mise en place: proposer le même service ou produit, mais en changeant de stratégie de vente.
Par là, nous modifions le « comment » de notre activité. Par exemple en adoptant une solution digitale. Cela vaut pour un commerce qui ouvre un eshop, mais aussi pour un coach qui recevait en présentiel et se tourne dès lors vers des rendez-vous en virtuel, ou pour des activités qui utilisent dorénavant des vidéos à regarder chez soi.

Points forts de la solution digitale

En plus d’éviter les contacts en intérieur qui sont interdits par un confinement, le changement du moyen de vente vers le digital permet en général de toucher une autre clientèle, et certainement de l’élargir.

Je présente souvent les avantages d’une solution digitale aux personnes que je coache pour monter leur activité. Cependant, elle n’a de sens que si elle est en accord avec le fondement de leur activité.
Il s’agit de construire une réelle identité en digital, d’adapter ses produits ou services, de toucher un autre public, d’utiliser d’autres façons de communiquer… Et que tout cela soit cohérent avec notre identité.

Or, en ce moment, même si cette activité a surtout du sens en présentiel, tout le monde se tourne vers le digital, pour la solution de rechange en période de confinement…

Points faibles de la solution digitale

Entre septembre et décembre, une bonne partie du chiffre d’affaires de mon activité LorFt (créations en mérinos) se base sur les ventes de créateurs et ventes privées. Toutes annulées cette année.
Même en ayant un super eshop (grâce à mon activité dans le webdesign ), ce n’est pas suffisant pour remplacer ces ventes, car je n’ai pas de stratégie de vente en digital, à travers des publications quotidiennes ou publicités sur les réseaux sociaux, par exemple. Très peu pour moi!
J’ai besoin de contact humain pour vendre, de relations en face à face où je peux transmettre ma passion du travail à la main, de la laine mérinos, du plaisir de s’approprier une de mes pièces et de la porter au quotidien…

une autre façon de vendre

Tous les artisans et commerçants dans mon cas auront le même souci avec l’e-commerce.
Cela s’avère donc une solution bancale, qui aide un peu, mais ne remplace pas.

Pour adopter un autre « comment », il faut qu’il colle à notre identité et nos valeurs. Ou on risque de souffrir d’incongruence et de démotivation dans son activité, si cela perdure…

Adaptation des produits/services en fonction des besoins

Beaucoup d’entreprises ont fait preuve de réactivité par rapport aux besoins primaires face à la pandémie. En modifiant leur « quoi »: Que proposer d’autre comme produit? Qu’est-ce qui répond mieux aux besoins des personnes?
Certaines ont décidé en deux temps, trois mouvements de produire des flacons de gel hydroalcoolique, des masques, du matériel de protection ou de télétravail. Dans le secteur de l’accompagnement aussi, certains indépendants ont adapté leur service en réponse au mal-être généré par la situation de confinement, ou déconfinement…

un autre “chez soi”

Points forts du changement de service/produit :

Le sentiment d’être utile, solidaire et présent pour ceux qui en ont vraiment besoin est un bon avantage. Sans parler du chiffre d’affaires qui augmentera sans doute, et du développement conséquent de l’activité en pleine crise…

Points faibles du changement de service/produit :

Ce n’est pas adéquat pour tout le monde: Il faut être capable de répondre à ces nouveaux besoins, en termes de ressources matérielles et énergie humaine, rapidement et sans trop de frais.
Car il est difficile de se projeter dans le temps et de prédire si ces besoins seront suffisamment stables. Ils pourraient changer à nouveau dans une autre direction.
De plus, comme pour la solution du « comment », il faut que cela continue à faire sens dans le cadre de l’activité.

Pourtant, parmi toutes les solutions, je pense que celle-ci est la plus efficace. (Ce n’est pas la mienne)
Ceux qui sont capables de répondre rapidement aux nouveaux besoins sont ceux qui s’en sortent le mieux.
Rester sur les mêmes offres en modifiant la façon de les proposer n’est pas une solution pertinente si les personnes n’ont plus autant besoin de nos services et produits.

Concernant mes créations en laine mérinos, activité de niche dans la vente d’accessoires de mode, les « besoins » ont diminué en répercussion de l’annulation de tous les évènements et fêtes cet hiver…
Mais c’est une activité de coeur, et je me vois mal proposer d’autres produits du jour au lendemain sans que cela perde tout son sens. (Et sans y dépenser énormément d’énergie)

Je ne fonctionne pas dans la réactivité, mais plutôt dans la réflexion et la mise en place à long terme. #slow
Sans doute un « gros » inconvénient dans ce monde où tout doit aller vite…

Une solution plus naturelle pour moi : la multiplicité du flexipreneuriat

Être polyvalent·e et avoir plusieurs activités permet de switcher de l’une à l’autre en fonction du contexte et des possibilités.
On peut favoriser une activité en fonction des saisons par exemple, ou de son planning personnel, ou de la nature même de l’activité qui ne couvre pas un « temps plein ».

C’est comme cela que je suis arrivée à travailler beaucoup plus dans la création de sites web cette année (activité coopérative Cobea), avec en parallèle le développement de mon activité de Coaching.
Et concernant mes créations LorFt, j’ai choisi de ralentir et produire moins cette année…

En parlant de mon activité comme coopératrice chez Cobea.coop, je vous invite aussi à lire l’article «Investir dans les coopératives, une autre forme de résilience de la société», publié par LE SOIR, ce 27 novembre, exceptionnellement en accès libre ici

Points forts de la multiplicité:

Et en cas d’imprévus qui handicapent une activité, cela peut s’avérer salvateur de switcher sur une autre déjà mise en place en parallèle.
Pas seulement en termes de revenus, mais aussi pour rester actif et concentré dans des contextes perturbants qui pourraient nous mener à douter de tout, comme durant cette année 2020.
Avoir plusieurs activités permet de se reposer sur l’une ou l’autre en fonction de notre énergie et de la pertinence du moment.

Points faibles de la multiplicité:

Ce n’est pas un fonctionnement très adapté à notre société moderne. Ou plutôt, c’est la société construite comme la norme qui n’est pas adaptée à cette multiplicité.
Cela complique donc un peu les choses, administrativement et socialement, quand on sort du schéma « 1 job + loisirs » bien séparés.
Cependant les choses évoluent d’année en année…
Et pour moi, c’est aujourd’hui une manière naturelle de travailler.
J’ai ce besoin de changement, d’exploration, d’apprentissage et avoir plusieurs jobs me permet tout cela.
Cela me donne la possibilité de m’épanouir à travers la complémentarité de mes activités (et de répondre à mes vrais besoins).

Cela complique aussi un peu les choses au niveau identité et communication. La multi-activité est plus complexe à présenter, elle sort du schéma des cases réservées pour un seul type de compétence sur sa carte de visite, un seul type de produit/service pour son site, un seul public cible pour les réseaux sociaux, une seule référence pour les algorithmes des moteurs de recherches, etc…
À moins de tout dupliquer et séparer par activité différente, on risque de paraître confus et peu compréhensible.
Ce monde est plutôt fait pour les entrepreneurs « experts », spécialisés dans une seule matière.

Un autre inconvénient est que toutes les activités ne peuvent pas rester « dormir » le temps que cela passe et qu’on se focalise sur une autre. Certaines demandent un entretien gourmand en moyens et en temps. Ses fonctions à « entretenir » doivent être évaluées dans les possibilités de mutualisation avec les autres activités.

À retenir de ces réflexions

Le maître mot entrepreneurial de cette année est bien la flexibilité.
Reste à savoir où on la place: dans le changement de service, de mode de vente ou de switch d’activité?
Et comment l’anticiper pour le futur: avec des activités hybrides ou multiples?

La réponse dépendra de l’entrepreneur et du projet lui-même.
Mais dorénavant, les lanceurs de projet devront toujours se poser des questions sur les fermetures inopinées, les modifications des besoins et les solutions à mettre en place pour l’avenir.

Et toi, qu’en dis-tu?

Photos :
merci à Alexandra Fuller sur Unsplash
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