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Devenir slasheur quand on est multi-passionné: ça ne se choisit pas, ça se ressent et ça se vit.

Slasheur, flexipreneur, scanneur, multi-potentiel ?

Nous avons besoin de nous nourrir de différents projets.

Nous sommes des multi-passionnés et nous fonctionnons bien (et mieux) en combinant différentes activités.

Le fil rouge qui les relie, ajouté à notre personnalité créative, nous permet d’évoluer à notre manière, dans cette société où nous nous sentons souvent en décalage.

J’en ai discuté avec mon amie slasheuse Christelle.

Actuellement enseignante de latin et employée d’une banque, Christelle s’est déjà essayé à d’autres activités et continue d’explorer les possibilités.  (Nous suivons la même formation de coaching mental)

Je voulais l’avis d’une multi-passionnée salariée pour me rendre compte des différences avec ma situation d’indépendante. En fait, il y a énormément de similitudes. Le statut n’y change pas grand chose.

Voici ci-dessous tous les points forts (ou faibles) sur lesquels on s’est parfaitement entendues.

Le saviez-vous? Le mot slasheur est un des nouveaux mots ajoutés au dictionnaire en ce mois de mai 2020!
« Slasheur : Personne, généralement issue de la génération Y, qui exerce plusieurs emplois et/ou activités à la fois. »
À quand flexipreneur ?

Philosophie du slasheur

Trait de personnalité

Devenir slasheur n’est pas un objectif en soi, c’est quelque chose que nous construisons à partir de qui nous sommes et de ce que nous avons comme capacités et possibilités.

C’est ancré profondément en nous, nous sommes des multi-passionnés!

Nous aimons faire beaucoup de choses différentes, et parfois nous laissons de côté un intérêt pour une nouvelle passion naissante dans laquelle nous plongerons à corps perdu.

Mais souvent nous combinerons plusieurs activités avec un slash pour les mettre sur le même pied d’égalité: artisane/webdesigner/blogueuse/coach

Même si nous partageons ce trait de personnalité, il se traduira de façons différentes en fonction de l’univers dans lequel on évolue.

Ceux qui se lancent dans la vie professionnelle aujourd’hui ont cette chance de pouvoir se poser les questions:

Est-ce que je suis multi-passionné·e? Est-ce que je pourrais combiner plusieurs jobs?

À l’époque où Christelle et moi sortions de secondaire, c’était beaucoup moins évident. La seule question était: Quel métier ai-je envie de faire?

Multi

Multi-passions, multi-intérêts, multi-potentiels, multi-activités,…

Nous sommes des multis.

Nous aimons faire beaucoup de choses.

Nous nous lançons à fond dans ces activités, nous y mettons toute notre énergie, puis nous nous lassons un peu. Nous sommes alors attirés par autre chose et c’est reparti…

Nous sommes éparpillés.

Contrairement aux spécialistes qui développent à fond une thématique unique et en deviennent experts, nous tirons notre force de la combinaison de plusieurs passions, au risque de n’en maîtriser aucune de façon élevée.

Pour ma part, il a fallu beaucoup de temps avant que je comprenne et assume ce côté multi, qui était trop différent de la « norme ».

Mais pour Christelle, le choix des études de philologie classique et d’être professeure de latin reposait déjà sur une envie de toucher à différents univers. Il lui était évident que se diriger vers une seule thématique précise n’était pas possible.

Cette direction lui permettait de toucher au rationnel, à la philo, à l’histoire, à l’écriture, … Et à travers l’enseignement, elle retrouve ce qui la passionne dans la relation à l’autre: la transmission, le coaching, la multi-culturalité, l’étude du mental. (Comme moi, elle s’intéresse beaucoup au cerveau et son fonctionnement)

L’amour d’apprendre

Les multis aiment apprendre et faire de belles découvertes.

Nous sommes de vrais néophiles et craignons de ne pas avoir assez d’une vie pour explorer tous nos centres d’intérêt. (#problèmedetemps n°1)

Ce désir d’apprendre nous permet d’assimiler de nouvelles compétences assez rapidement. Mais nous pouvons aussi nous en lasser plus rapidement et passer à autre chose par curiosité ou pour ne pas nous arrêter.

En tant qu’indépendante, j’ai tendance à procrastiner en voulant en apprendre toujours plus avant de me lancer. (#problèmedetemps n°2)

Mais je me reconnais aussi dans un autre trait de caractère du slasheur, selon Emily Wapnick : cette faculté d’analyser et de faire des connexions entre toutes mes activités et mes apprentissages.

Quand je trouve le fil rouge, c’est le jackpot et je ne m’arrête plus.

Slasheur, flexipreneur, scanneur, multi-passionnés ? Nous fonctionnons bien (et mieux) en combinant différentes activités.

Électron-libre

Christelle, comme moi (quand j’étais encore salariée), doit faire face à quelques remarques par rapport à son côté trop indépendant.

Car nous avons besoin de liberté, de comprendre pourquoi on fait les choses, de pouvoir explorer des univers différents. Ce qui peut provoquer quelques soucis avec la hiérarchie. (j’en ai fait les frais à une certaine époque )

Nous fonctionnons souvent avec une pensée en arborescence, des idées qui fusent dans tous les sens et qu’on a parfois du mal à recadrer. Nous n’aimons pas qu’on nous mette dans une case. Nous aimons nous approprier les choses à notre sauce et sortir des sentiers battus.

Dans le cas de Christelle, devenir indépendante n’était pas combinable avec son emploi d’enseignante. De plus, son deuxième emploi dans l’agence bancaire familiale lui permet d’avoir une certaine liberté et de ressentir l’énergie d’une agence indépendante avec un service client engagé.

Mais elle a l’âme d’une entrepreneuse et ne ferme pas la porte à prendre un jour un statut d’indépendante complémentaire. (Future coach?)

Besoin de sens

La plupart du temps, nos multiples activités sont reliées par nos valeurs.

Même pour celles dont on ne vit pas (beaucoup), nous avons besoin de savoir pourquoi nous les faisons, quel sens elles ont, ce qu’elles nous apportent à nous, aux autres et au monde.

Nous sommes capables de nous investir beaucoup pour une voie qui a du sens et qui répond à notre « pourquoi ».

Chaque activité est développée avec beaucoup d’importance et comme un métier plutôt qu’un hobby.

Flexi

Un autre trait de caractère qu’on alloue souvent aux slasheurs est leur flexibilité!

Nous avons une grande capacité d’adaptation. Ce qui est un avantage dans un emploi aux multiples fonctions, mais aussi pour un entrepreneur qui doit faire face à des imprévus et se remettre en question.

Nous faisons preuve d’une grande résilience face aux changements.

Flexipreneur versus multipreneur

Si je me définis comme une flexipreneure, c’est aussi pour recentrer l’idée sur la qualité plutôt que « juste » la quantité.

Être flexible par rapport aux différentes activités mais intransigeant·e par rapport aux valeurs qu’elle défendent.

Il nous faut un fil rouge qui relie ces activités, qui ait du sens et nous emmène dans une grande direction.

Ce qu’on ne retrouve pas spécialement chez les mutlipreneurs qui gèrent plusieurs entreprises différentes.

Pas dans la norme

Avant cela ne se faisait pas de revendiquer son côté multi. Personne n’aurait osé, ou n’y aurait même pensé. La norme était d’avoir un seul job, une spécialité. On choisissait un métier précis et on s’y tenait.

Avec l’arrivée des reconversions professionnelles touchant beaucoup de personnes comme une nécessité de reprendre sa vie en main, cette norme a été un peu bousculée.

Nous sommes passés de la règle d’un seul job identique toute sa vie à accepter comme possibilité une carrière faite de plusieurs métiers l’un à la suite de l’autre (le switch), pour reconnaître, enfin, qu’on peut vivre en combinant plusieurs activités professionnelles en même temps (le slash).

Créer son propre job est possible aujourd’hui, pas seulement au niveau du statut: salarié, indépendant, freelance en coopérative, ou une combinaison de tout cela, peu importe.

Plus que jamais, on va assister à de nouvelles sortes de travailleurs comme des switcheurs, des slasheurs ou scanneurs, des (digital) nomades, des artisans 2.0, des flexipreneurs , et tous ceux qu’il nous reste à inventer.

Et toi, es-tu slasheur ou slasheuse? Te reconnais-tu dans ce que j’écris?

Ça m’intéresserait beaucoup d’avoir ton avis en commentaire.

Merci!

 

Sources:
Article « Slasheurs : ils cumulent les emplois », par Katrin Acou-Bouaziz, pour psychologies.com

Photos:
Passion led us here: Photo by Ian Schneider on Unsplash
Machine à écrire: Photo by RetroSupply on Unsplash
Mains : Amaury Salas sur Unsplash

2 commentaires

  1. Chantale (Québec, CA) sur 19 août 2020 à 1h34

    Merciii pour cet article!
    Une lecture les yeux dans l’eau avec la chaire de poule qui traverse mon corps.
    Vous décrivez exactement ma réflexion des dernières années.
    Puis, avec l’arrêt professionnel obligé découlant de la pandémie, ce besoin de créer ma vie, ma carrière à mon image s’est décuplée.
    Je suis en train de compléter mon ikigai. ☺️

    • Lorraine Frennet sur 19 août 2020 à 8h53

      Avec plaisir Chantale !
      Merci pour ce commentaire. Et courage pour ce tournant de vie, c’est peut-être une bonne chose au final, car nous sommes beaucoup à ressentir tout cela mais peu à y faire face et à agir.
      L’ikigai est certainement le début d’une belle exploration qui vous amènera beaucoup plus loin. Je l’espère en tous cas 😉

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